Véhicules autonomes : la fin du permis de conduire ?

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Les voitures autonomes, plus généralement appelées « véhicules autonomes », sont censées se conduire toutes seules. De fait, se dirige-t-on vers l’obsolescence du permis de conduire ? Éléments de réponse du cabinet d’avocats en droit routier Dehan & Schinazi.

 

Un service plus qu’un bien

Si elle est annoncée comme la prochaine grande révolution de l’industrie automobile, c’est parce qu’on parle de plus en plus fréquemment d’elle comme d’un service et non plus comme d’un bien. Un changement de paradigme résumé ainsi par Laura Brimont, coordinatrice du programme « Modes de vie en transition » à l’Institut du Développement durable et des relations internationales (Iddri) : « L’intérêt du véhicule autonome est de développer l’usage serviciel de la voiture. C’est-à-dire qu’on ne la possède plus, mais on en louera une quand on en aura besoin ».

 

En effet, puisque le prix d’une voiture particulière autonome sera élevé, l’autopartage devrait permettre de rendre ce mode de transport accessible à tous. Mais pareille innovation implique des changements en termes :

 

  • de sécurité
  • de commodité du voyage
  • de stationnement

 

La pertinence du permis de conduire

Enfin, elle questionne aussi l’utilité du permis de conduire. Le véhicule autonome présente en effet un avantage : tout individu peut être en mesure de l’utiliser. D’après Azim Eskandrian, membre de l’Institut des ingénieurs électriciens et électroniciens (une association professionnelle dédiée à l’avancement des technologies pour l’humanité), il n’y aurait pas besoin de permis de conduire. Ce même expert estime en effet que s’asseoir dans ce type de voiture sera la même chose que s’asseoir dans un bus ou un train.

 

Des véhicules dont l’autonomie totale n’est pas encore pour demain

Face à cette logique imparable, une nuance de taille doit toutefois être appliquée. À l’heure actuelle, la technologie de conduite autonome n’est pas encore 100 % fiable. En effet, au cours de la majorité des tests conduits, un opérateur est présent dans le véhicule pour reprendre le volant en cas d’urgence.

 

Réalisés sur route, ces essais permettent de vérifier les capacités de l’automobile et de s’assurer qu’elle ne présente pas de danger. Laura Brimont explique : « La question est de savoir quelle sera la procédure pour homologuer les véhicules autonomes, et à partir de quand on va considérer qu’ils sont sûrs ».

 

Des millions de test avant l’autonomie absolue ?

D’après elle, le public ne sera pas prêt à accepter ces véhicules s’ils ne sont pas certifiés comme étant parfaits en termes de sécurité. Les tests sur les routes ne sont néanmoins pas suffisants car il faudrait tester toutes les situations imaginables dans le monde réel, soit… quelques dizaines de millions. Les constructeurs de ces véhicules se servent ainsi de simulations afin de créer des situations susceptibles d’arriver.

 

Conclusion : même si les véhicules autonomes sont à nos portes, la fin du permis de conduire n’est, elle, pas encore tout à fait près d’arriver…

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